La Méditerranée, jadis, fut la cause de visites autrement plus dangereuses pour l'identité sarde que celle bien pacifique du tourisme.
Le premier peuple qui envahit la Sardaigne, dont on connaisse l'histoire, fut celui de redoutables marins venus de Tyr ou de Sidon : les Phéniciens.
Ils s'installèrent vers 1 200 avant J.-C. et fondèrent des villes côtières importantes en exploitant les mines d'argent de Sardaigne.
A Tharros, où les Phéniciens possédaient une base importante, une série de forteresses intérieures montrent qu'ils ont voulu contrôler le centre de la Sardaigne et qu'ils n'ont pu le faire qu'en construisant une sorte de frontière fortifiée contre les autochtones.
Ceci prouve, comme le souligne Fernand Braudel, la résistance des Sardes, qui, dès l'Antiquité la plus reculée, se replient vers les montagnes intérieures, protégeant leur terre et leur culture.
Ni les Phéniciens ni les Carthaginois ne sont parvenus à vaincre les Sardes ; seuls les Romains les dominèrent après de nombreuses luttes dans la région qu'ils appelèrent, à juste titre, la "Barbagia".



